Quelle est la conséquence des faibles taux d’intérêt ?

La tendance à la baisse des taux d’intérêts nominaux au niveau mondial s’inscrit dans une tendance de près de 40 ans. Cependant, au cours de la décennie qui a suivi la crise financière, un changement fondamental s’est produit depuis 2014, les taux d’intérêt nominaux de la zone euro n’ont cessé de baisser.

Taux d’intérêt bas : pourquoi ?

  • Raisons structurelles

Pour comprendre l’origine des faibles taux d’intérêt réels, il faut revenir au concept de « hausse des taux d’intérêt naturel ou neutre ». Il s’agit du taux d’intérêt réel qui équilibre l’épargne et l’investissement. Ce taux « R* », décrit par l’économiste norvégien Wicksell en 1898, n’a été examiné que récemment. Au cours des 15 dernières années, on estime que R* a diminué de 150 à 200 points de base dans la zone euro et aux États-Unis.

Cette variation ne peut s’expliquer que par des changements structurels. La tendance de la croissance du PIB s’est ralentie en raison de l’impact de la croissance de la population active et du ralentissement de la croissance de la productivité du facteur global, ce qui explique environ le quart de cette même baisse.

Les trois quarts restants seront financés par une offre d’épargne accrue et une demande d’investissement plus faible. L’augmentation de l’espérance de vie, l’accroissement des inégalités, car les personnes plus âgées et plus riches épargnent davantage, et l’accumulation de réserves de change dans les pays en développement contribuent à l’excédent d’épargne mondial.

  • Causes conjoncturelles

La principale mission des banques centrales, en particulier de la BCE (Europe), est d’assurer la stabilité des prix en contenant le cycle économique. Pour ce faire, elle fixe les taux d’intérêt à court terme.

La BCE mesure la stabilité des prix depuis 1998 et s’est fixé en 2003 l’objectif de « maintenir l’inflation à un niveau inférieur ou proche de 2 % à moyen terme ».

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Que signifient les taux d’intérêt négatifs ?

Dans des conditions « normales », les détenteurs d’obligations recevraient des intérêts annuels pendant toute la durée de vie de l’obligation. Ils reçoivent également un coupon à la fin de la durée de vie de l’obligation, qui représente la valeur nominale de l’obligation.

Une obligation de 100 € avec un taux d’intérêt annuel de 2 % et une échéance de cinq ans rapporte des intérêts de 2 € par an, soit seulement 10 € sur la durée de vie de l’obligation. L’obligataire reçoit également 100 euros à la fin de la durée de l’obligation.

Dans le cas de taux d’intérêt négatifs, l’obligation émise a également le droit de recevoir des intérêts pendant la durée de l’obligation. Cependant, les détenteurs d’obligations n’achètent pas les obligations à leur valeur nominale, mais à un prix plus élevé.

Taux d’intérêt bas : quelles sont les conséquences ?

L’impact de la baisse de taux d’intérêt peut également être évalué en termes de situation financière des agents économiques. Les ménages ont historiquement bénéficié de taux de crédit faibles, notamment en France. La valeur des propriétés a augmenté, les actions ont progressé. Les bénéficiaires de la relance de l’emploi sont les ménages, y compris les groupes les plus vulnérables. En revanche, la rémunération de l’épargne provenant des instruments porteurs d’intérêts est naturellement moins dynamique. On craint des taux d’intérêt négatifs sur les dépôts et même une « taxe sur l’épargne ». C’est une hypothèse raisonnable en France. Pour être clair, appliquer des taux d’intérêt négatifs aux particuliers et aux PME n’est ni possible ni souhaitable, sauf pour les gros actifs.

Les entreprises de la zone euro, en particulier les PME, bénéficient déjà d’un accès facile aux emprunts à des taux d’intérêt peu élevés. Toutefois, il convient de noter qu’elles ne sont généralement plus des emprunteurs nets, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent pas financer entièrement leurs investissements. Ce changement historique, qui est probablement temporaire, est moins visible en France.

En définitive, les cantons et les contribuables bénéficient de la réduction de la charge de la dette. Par exemple, en France, où les taux d’intérêt négatifs sont en place depuis neuf ans, la charge d’intérêt a été divisée par deux malgré une multiplication par 1,6 de la dette (en pourcentage du PIB) au cours des 20 années écoulées depuis 1998.

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